Les passagers

Antoine a pris la bonne décision : il est parti avec sa monture rouge et noire à paillettes, une paire de lunettes qui, nous l’espérions, lui vaudrait une certaine reconnaissance à Burning Man ! C’est le grand organisateur de ce voyage, il faut dire ce qui est. Il est fort pour les préparatifs (tableaux excel, budget, blog, veille…) C’est un geek et aussi un amateur de photos. Voyager léger, mais avec quelques appareils tout de même… Il veut tout faire, tout voir et croit que dans une heure, il y a 60 occasions de réaliser quelque chose. Pour finir le portrait, il s’est très peu rasé pendant un an. Et quoi qu’il en ait pensé, on voyait bien la différence !

Sandrine n’avait jamais pensé faire le tour du monde avant l’été 2009. Cette idée fut une très bonne surprise, un vrai cadeau qui a pris chaque jour un peu plus d’importance, étape après étape. Elle a juste eu peur pour son dos et sa condition physique. Même si après quelques séances à la salle de sport et un déménagement, quelques muscles avaient poussé (deux en fait). Par contre ne pas se laver tous les jours, porter le même short pendant un an et dormir éventuellement par terre ne l’inquiétaient pas du tout ! Ce voyage fut avant tout une quête intérieure. Elle a cherché les mots pour vous le dire.

Nous avons tous les deux quitté des êtres chers mais nous en avons rejoints d’autres qui ont taillé la route avant nous et qu’il nous tardait de retrouver aux quatre coins du monde : Kate au Canada, la Chaussette mexicaine et sa petite famille, les amoureux de Nouvelle Calédonie et tous les Australiens qu’Antoine a rencontrés en 2004. Il a bien failli rester à Melbourne à l’époque. On a eu chaud !

Au temps béni de la route n’est pas à prendre au sens religieux du terme. C’est une expression qui nous a bien fait rire dans le Guide du Routard de la Crête. C’est là-bas sans doute, à Matala, qu’a germé l’idée d’un voyage plus long et plus lointain, près d’une grotte où Cat Stevens et Bob Dylan auraient joué de la guitare dans les années 60, avant que l’île ne s’ouvre au tourisme. On avait chaud, on mangeait dans une gamelle en métal, on a dormi dans le camping le plus sommaire de toutes les vacances (dans le sable, douche à l’eau froide avec de la mousse végétale sur les parois) mais on était bien. La vraie question restait pourtant : “est-ce qu’on ne pourrait pas être un tout petit peu mieux ?”

Après deux ans d’épargne, deux brocantes fructueuses, moultes affaires sur internet, quelques covoiturages et autres petites économies, nous étions prêts à partir. Ce qui a pris le plus de temps dans nos préparatifs finalement, c’est de dire au revoir à tout le monde ! L’occasion était trop belle pour faire la fête, organiser barbecue et pique-nique, déjeuners, dîners, apéros…

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Soit dit en passant