Suivez nous sur Twitter

Faut liker sur Facebook

Sri Pada ou le Pic d’Adam

Lundi 19 mars – Un grand jour puisque nous allons retrouver Julie et Chris, un couple d’amis qui nous rejoignent depuis Paris, si, si ! Nous avons rendez-vous à la gare d’Hatton. L’affichage des trains à la station de Nanu Oya date un peu mais quel charme !

DSCF8767-resized

On se croirait au tout début du XXe siècle. Il y a même un petit carnet pendu au tableau de bois avec les notes du chef de gare !

DSCF8769-resized

Julie et Chris sont sur le quai d’Hatton deux heures plus tard ! Comme c’est agréable et bizarre de les voir ici ! Eux-mêmes ont du mal à y croire. Ils sont arrivés la veille à Colombo et ont roulé toute la soirée avec un chauffeur. Il nous accompagnera pendant une semaine. Il s’appelle Nihal. Il va à la fois nous simplifier la vie et nous la compliquer terriblement. On vous expliquera.

DSCF8818-resized

Notre objectif du jour avec Julie et Chris, c’est de rejoindre Dalhousie pour faire l’ascension du Pic d’Adam (Sri Pada en Cinghalais) pendant la nuit. Mais pour l’heure il fait jour et nous nous promenons dans les plantations de thé alentour.

DSCF8825-resized

Encore des femmes aux sourires précieux ! L’une d’elle réclame un stylo à Antoine et lui écrit son prénom sur la main.

DSCF8831-resized

Elles sourient aussi parce que Sandrine a dégainé une arme secrète : un paquet de biscuits qu’elle distribue à tour de bras dans la plantation, bravant les arbustes et leurs griffures, ne craignant pas la serpe véloce des femmes tamouls.

DSCF8834-resized

Les Tamouls sont des immigrés d’Inde du Sud. Ils sont arrivés plusieurs siècles avant Jésus-Christ et il est difficile de dire s’ils furent là avant ou après les Cinghalais. Les Tamouls sont réputés pour leur zèle au travail. La plupart d’entre eux sont hindous. Une terrible guerre civile a déchiré le Sri Lanka pendant 30 ans. Aujourd’hui encore Tamouls et Cinghalais ne parlent pas la même langue, les Tamouls étant plutôt établis dans le nord du pays. Ils se sont affrontés jusqu’en 2009, et la population redoute toujours les attentats terroristes des Tigres Libérateurs de l’Eelam Tamoul, alors même que leurs chefs sont tombés.

DSCF8842-resized

Il est bientôt 17 heures, nous suivons les femmes jusqu’à la pesée puis jusqu’à leur village un peu plus loin.

DSCF8857-resized

Nous sommes accueillis par des enfants déchaînés qui nous crient des “hello”, des “pictures”, des “money” et des “pen please” (comprenez : salut, photos, des sous et des stylos s’il vous plaît).

DSCF8874-resized

Heureusement Chris est là pour les canaliser avec son brevet de coach de cricket, le sport national du Sri Lanka ! DSCF8900-resizedIls l’écoutent attentivement, pratiquent avec enthousiasme les exercices qu’ils leur proposent, répètent ses formules. Le courant passent entre eux, ça ne fait pas l’ombre d’un doute.

Chris est né au Sri Lanka mais l’a quitté quand il n’avait encore que quatre ans.

DSCF8924-resized

Après ces prouesses, nous pouvons ouvrir la bouteille de Pastis et découper le saucisson que Julie et Chris ont eu la merveilleuse idée de ramener ! Le Pic d’Adam, que nous appelons plus volontiers Adam’s Peak, nous nargue pendant notre repas. Il a l’air si loin… Couchés à 21 heures, nous mettons le réveil à 1h30 du matin… Mais comme il fait déjà nuit noire à 18h30, nous n’avons aucun mal à dormir.

DSCF8927-resized

A deux heures, nous voilà partis entre les étals de fête foraine qui bordent le chemin des pèlerins. Adam’s Peak est en effet sacrée à la fois pour les bouddhistes, les hindous et les musulmans. Il y a du monde pour être en haut avant le lever du jour.

DSCF8939-resized

Notre compagnon australien d’Horton Plains nous a déjà mis en garde : on va en suer.

DSCF8945-resized

Le chemin se transforme très vite en véritable escalier et nous gravissons pas moins de 4000 marches pour atteindre les 2243 m du sommet. Il y a du thé sur notre passage pour se remonter. Heureusement qu’il fait nuit et que la montagne est dissimulée dans les ténèbres, sinon on aurait franchement été découragé.

DSCF8962-resized

Nous arrivons au temple avant 6 heures, il y fait un froid de canard car le sommet est balayé par les vents.

DSCF8965-resized

Tout le monde guette l’apparition du soleil en essayant de reprendre son souffle.

DSCF9003-resized

Il y a un petit feu où se réchauffer et faire brûler des parfums.

DSCF9022-resized

DSCF9037-resized

Une procession fait le tour du temple sous les drapeaux bouddhistes.

P1060725-resizedS0049074-resized

On redescend assez vite jusqu’au premier “tea shop”.

DSCF9083-resized

On est vraiment gelées Julie et moi.

DSCF9077-resized

Le vendeur nous fait signe de venir nous assoir à côté de la bouilloire qui chauffe. Quelle bonne idée !

DSCF9094-resized

Lorsqu’on se retourne, on est tous les quatre très fiers de nous. Nous avons avancé comme des escargots, nous tenant aux barres métalliques, mais nous l’avons fait ! Les personnes âgées, les enfants, seuls ou dans les bras de leurs parents, les boiteux et tous ceux qui ont récité des prières nous ont sans doute aidé à trouver suffisamment de force en nous pour grimper, encore et toujours. La descente est elle aussi très longue et pénible, nos genoux sont douloureux, et les jours suivants ce sera les mollets et les cuisses. Nous sommes ravis d’en finir et d’engloutir notre petit-déjeuner avant de repartir pour Kandy.