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Rishikesh

Mercredi 15 février – Nous quittons Amritsar et le Punjab aux aurores pour Haridwar dans l’Uttarakhand. Le trajet en train est beaucoup moins confortable que les deux précédents. Nous voyageons pourtant dans la même classe en “chair car”. Pas de petit-déjeuner servi par la compagnie cette fois et surtout pas de chauffage.

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Entre sept et neuf heures, on apprécie donc les marchands ambulants de “chaï”, ce thé au lait épicé qui fait partie du quotidien comme le café chez nous. L’eau et le lait étant bouillis, on ne risque rien à en boire à peu près n’importe où.

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Tandis que nos voisins somnolent, nous écoutons des podcasts de France Culture et France Inter. C’est incroyable comme nous nous sommes reconnectés à la France et à son actualité depuis que nous sommes en Inde, un vrai besoin. Nos journées sont courtes mais vraiment épuisantes. Vers 17 heures nous éprouvons le besoin de nous replier dans une bulle et ne ressortons très brièvement de l’hôtel que pour dîner. Nous rentrons couverts de poussière et ivres de bruits.

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Le train est un lieu plus apaisé où l’on reprend des forces avant de se rejeter dans le tourbillon de la rue indienne.

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Les vitres, particulièrement sales, transforment les paysages en tableaux de maîtres flamands. Nous arrivons à Haridwar vers 13 heures. Nous rejoignons la gare routière et rattrapons en marche un bus au départ pour Rishikesh, à 25 km. C’est une ville très prisée des Occidentaux qui viennent y suivre des stages de yoga et de méditation dans les nombreux ashrams essaimés sur les bords du Gange. Lieu de retraite ou de communauté spirituelle, le ashram exige parfois un mode de vie particulier, sans alcool, sans tabac, sans thé ni café, c’est variable selon la personnalité du gourou qui le dirige.

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Nous traversons le pont suspendu de Lakshman Jhula qui mène au temple Swarg Niwas et à un quartier assez tranquille.

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Des singes s’épouillent à l’entrée du pont tout en allaitant leurs petits, jouent les acrobates sur les fils d’acier et grignotent les boulettes et pop-corns que les touristes indiens leur tendent en riant frénétiquement.

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Sur l’autre rive, nous trouvons un bon hôtel et un bar-restaurant-lounge qui sera notre cantine pendant une semaine : le Ganga Beach Restaurant. Il offre une vue assez magique sur le fleuve en fin de journée, on y mange très bien, assis sur des tapis et des coussins…

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Difficile de quitter ce havre de paix. La clientèle est majoritairement occidentale mais quelques touristes indiens s’attablent eux aussi.

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On n’en avait pas encore vus jusqu’ici. Sans doute la proximité du fleuve sacré rend le site attrayant, d’autant qu’on peut y faire du rafting et profiter d’un peu de nature aux pieds de collines verdoyantes.

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Nous commandons quelques “chapati” (que l’on nomme à tort “naan” en France), des “koftas” en sauce (des boulettes de légumes) et un “tikka masala”, des dés de fromage (“paneer”) épicés et marinés. Enfin, si on se rappelle bien. On est fan de la cuisine indienne.

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Le soleil se couche à 18h30 au son de la cérémonie du “ganga aarti”. Les fidèles hindous chantent, allument des bougies dont certaines flotteront sur le Gange, menés par cinq jeunes hommes qui agitent des cloches et des encensoirs. C’est un peu répétitif et très touristique en fait. Selon un français établi ici depuis 2007, ça tient plus de Bollywood que du rite religieux.

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Il doit avoir l’âge de nos parents. Il a adopté un Népalais marié à une Indienne et ils ont monté un commerce à Rishikesh. C’est un tout petit restaurant qui vend les fameux raviolis népalais, les momos. Le Français s’occupe de son petit-fils de quatre ans durant la journée. Il compte passer sa retraite ici si son visa est renouvelé. Il ne se voit pas du tout vieillir seul en France dans un appartement trop petit qu’il n’aura pas les moyens de quitter. On admire ce changement de vie radical. On ne pose pas trop de question mais on se demande si cette adoption tardive n’est pas un arrangement. Peut-être a-t-il choisi une famille pour prendre soin de ses vieux jours ? En attendant, lorsqu’il ne s’occupe pas de son petit-fils, il sillonne l’Inde à moto !

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Il ne se vante pas et nous dit ça très simplement autour d’un thé citron, gingembre et miel (le préféré de Sandrine). Son petit-fils joue à ses pieds. Il s’est assis en face de nous au Devraj Coffee Corner, un spot encore très couru des Occidentaux, surtout à l’heure du petit-déjeuner où le soleil donne. La vue sur le Gange et le pont de Lakshman Jhula est particulièrement dégagée. On se bouscule ici comme dans un lieu parisien branché et c’est ainsi qu’on se retrouve à partager une table avec des inconnus de tout poil. Comme on porte des vêtements de la marque Quechua, il est aisé pour un Français de deviner notre nationalité. C’est de cette manière que nous faisons connaissance avec ce jeune papy motard que la mondialisation n’effraie pas.

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Le lendemain, nous rencontrons également un couple de jeunes Français, Rodolphe et Audrey. Nous dînons ensemble et échangeons nos impressions de voyage. Ils sont en Inde depuis plus d’un mois et plus ouverts à la spiritualité que nous. Ils ont déjà séjourné dans un ashram. Ils sont surpris par le prix de notre chambre d’hôtel et nous font visiter la pension où ils sont logés pour presque trois fois moins cher. On décide donc de déménager, non pas pour les rejoindre mais pour un autre hôtel très correct et moins perché que leur “guesthouse”. On fait grâce à eux une sacrée économie (trois nuits pour le prix d’une !). Comme quoi, parfois il faut savoir sortir un peu  le nez de son guide.

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Ils nous parlent aussi d’un concert organisé par une association franco-indienne mêlant musiques traditionnelles indienne, européenne et chansons des Beatles. En Février 1968, Les Beatles (et environ 70 autres personnes) ont en effet séjourné dans l’ashram du Maharishi Mahesh Yogi à Rishikesh pour un stage de méditation transcendantale. Tous ne sont pas restés jusqu’à la fin du stage (Ringo Starr est parti après deux semaines), mais ils ont composé durant cette période de deux mois entre 40 et 48 chansons, pour la plupart enregistrées dans le double album “White album”. Antoine a longtemps fait tourner ce vinyl sur la platine familiale. Parmi ses chansons préférées, la chanson “Dear Prudence”, en fait inspirée du quotidien à Rishikesh. Elle s’adresse à Prudence Farrow, petite sœur de Mia Farrow, qui restait toute la journée cloitrée dans son bungalow pour méditer, d’où le refrain : « Dear Prudence, won’t you come out to play? ». Ci-dessous une photo prise par le cinéaste Paul Saltzman dans l’ashram. Une galerie photo de cette période ici.

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Nous allons écouter ce concert dans un ashram qui se trouve près d’un second pont piétonnier, Ram Jhula. Le coin est beaucoup plus animé. L’ashram dénote un peu avec Rishikesh. De l’extérieur, on dirait une résidence Kaufmann & Broad !

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Le professeur indien joue divinement du tabla (tambour double) et nous remarquons la présence d’un musicien professionnel qui va entamer avec lui un duo incroyable au violon. Ecoutez voir.

by autempsbeni

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Lorsque nous quittons le concert, il fait nuit et les rues ne sont plus fréquentées que par les vaches qui semblent faire du lèche-vitrine.

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