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Namaste Delhi

Mardi 7 février – Après une nuit à l’aéroport de Sydney, nous ne sommes pas très frais pour embarquer sur l’A380 qui nous conduit à Singapour où nous transiterons pour Delhi.

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On rattrape un peu notre retard cinématographique avec un large choix d’excellents films français récents (Tu seras mon fils avec Niels Arestrup qu’on adore, La proie avec Albert Dupontel, L’art d’aimer avec Judith Godrèche et Julie Depardieu, La guerre est déclarée…). 13 heures d’avion au total, on a le temps.

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A l’aéroport de Dehli, un chauffeur de l’hôtel Amax vient nous chercher comme convenu. On est plutôt soulagés car il est déjà  tard et on nous a assez mis en garde contre les chauffeurs de taxis et les arnaques habituelles d’aéroport. Nous avons rapidement une démonstration du trafic de Delhi, tout en densité et en fantaisie. Notre chauffeur n’hésite pas à prendre une portion d’autoroute à contre-sens pour éviter sans doute un détour, une pratique courante que nous retrouverons très vite.

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C’est un festival de klaxons, de jour comme de nuit. Le chauffeur nous conduit sur Arakashan Road dans le quartier populaire de Paharganj, à proximité de la gare de New Delhi. Beaucoup d’hôtels occupent la rue.

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On admire leurs enseignes aux néons colorés.

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Nous croisons une Ambassador, un modèle de voiture typiquement indien. Elle est fabriquée depuis 50 ans avec toujours le même succès. Nous sommes contents de poser nos sacs-à-dos dans notre chambre, même si elle est un peu fraîche et bruyante. Les klaxons, les aboiements des chiens et les cris nous pousseront à sortir les bouchons d’oreilles. Le lendemain, grasse matinée. Nous passons directement au déjeuner, un thali végétarien. C’est en fait un plateau repas excellent.

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Enfin directement, pas tout à fait… Nous décidons de déjeuner sur la terrasse d’un autre hôtel recommandé par notre guide de voyage à Main Bazaar. Nous n’avons qu’une carte fort peu détaillée et de toute façon, les rues sont très rarement indiquées. Nous y allons donc à pied et au feeling, avec de toute façon l’intention de nous confronter un peu à l’atmosphère ambiante. Sandrine est visiblement l’attraction pour les Indiens, les enfants surtout, qui nous adressent tous des “hello” hilares. On ne trouve pas Main Bazaar ni l’hôtel en question, mais nous formons un assez beau carré dans notre déplacement, qui nous permet de revenir à notre hôtel. C’est déjà ça ! Il y a beaucoup de poussière dans les rues. Nous repoussons un mendiant, les assauts des chauffeurs de cyclo-pousse et de rickshaws qui veulent nous conduire dans des endroits qui ne nous intéressent pas. Il y a un monde fou dans les rues. Il fait frais mais il y a du soleil. Notre polaire suffit.

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Forts de cette première expérience, nous quittons de nouveau notre repaire dans l’après-midi. Un jeune Indien nous conseille de nous rendre vite à l’office de tourisme officiel et de ne nous fier à aucun autre organisme. Il commande pour nous un rickshaw à qui il indique l’adresse. Le rickshaw, c’est ce triporteur à moteur bariolé. Evidemment le chauffeur nous dépose à deux reprises devant des agences louches mais nous avons vu le panneau qui indiquait la rue que nous cherchons à proximité. Nous terminons donc à pieds car il ne veut pas en démordre. A l’Indian Turism Office, nous discutons avec le responsable qui nous a entendu parler français. Il a travaillé longtemps à l’office de tourisme indien à Paris. Il nous donne pleins de bons conseils pour le Rajasthan. Nous rentrons ensuite à pieds en passant par Connaught Place, une place commerçante avec des arcades enroulée autour d’un parc circulaire. La journée nous a épuisée. Nous sommes ravis de dîner dans notre chambre devant la TV indienne. Nous apprenons que trois ministres ont été surpris à regarder un film porno en pleine session parlementaire !

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Le jour suivant, après un petit-déjeuner salé riche en saveurs, nous rejoignons en cyclo-pousse le site de Lal Qila ou Red Fort. Les remparts de grès rouge sont impressionnants qui s’étirent sur deux kilomètres.

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Nous entrons par la porte de Lahore, l’entrée principale orientée vers la ville de Lahore aujourd’hui au Pakistan.

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Vestige de la splendeur moghole (du 16e au 18e siècle), le fort comporte une galerie marchande, une maison dite du Tambour où se trouvaient les musiciens, de nombreux avec des salles d’audiences publiques ou privées, des bains royaux et une mosquée de la Perle.

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Depuis le pont qui conduit à Salimgarh, un autre fort plus ancien, nous regardons passer les trains, avec leurs passagers sur les marches-pieds.

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Après cette première visite historique et culturelle, il nous reste trois quarts d’heure pour découvrir Jama Masjid, la plus grande mosquée d’Inde.

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On se déchausse avant d’entrer et Sandrine est invitée à revêtir une blouse… haute en couleurs. Nous entrons dans un véritable havre de paix, avec vue sur le fort. Des familles sont assises autour de boissons et de petits-encas. A droite des robinets permettent aux fidèles de faire leurs ablutions.

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Sandrine cherche en vain une salle pour la prière. Il n’y a que des murs. Tout se passe donc à l’extérieur. Nous nous faisons encore dévisagés par les enfants. Nous sortons 30 secondes avant l’appel à la prière. Un petit monsieur, à qui il manque quelques dents, nous aborde très naturellement et nous propose gentiment de nous conduire dans le quartier tout proche de Old Dehli. Il nous est sympathique, nous tentons l’expérience. Nous ne le regretterons pas. Nous le suivons dans des ruelles si étroites que nous n’aurions probablement pas osé nous y aventurer seuls. En tout cas, nous aurions été bien en peine de nous y repérer.

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Il nous promet un parcours local, sans autres touristes que nous. Il a raison. Derrière les façades de ces venelles exigües, de grandes cours que l’on ne soupçonnait pas.

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Anel, car c’est son nom, nous conduit de surprise en surprise, nous invitant à nous placer sur telle ou telle marche, à lever le nez sur une porte ou un toit que nous aurions ignorés sans son aide. Le décor est bien défraîchi, les couleurs ont passé, mais certaines bâtisses ont plus de 500 ans. Nous découvrons les haveli, ces maisons ouvertes sur des cours qui, avec leurs galeries, permettaient de préserver l’intimité des femmes dans les familles patriarcales. Leurs murs épais étaient par ailleurs un bon moyen de maintenir la fraîcheur à l’intérieur.

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Nous marchons tout étonnés derrière Anel qui prend beaucoup de plaisir à nous parler de l’Inde et d’Old Delhi.

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La limite entre la rue et les foyers n’est pas très claire, on a parfois le sentiment d’entrer chez les gens mais personne ne semble importuné, juste curieux.

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Les arbres poussent dans les murs des habitations, les singes courent sur les câbles électriques, une vache se désaltère paisiblement à une fontaine… Des échoppes de toute sorte se serrent les unes contre les autres. Nous prenons un chai à l’arrière de l’une d’entre elles, ce thé au lait et aux épices.

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Justement, nous nous dirigeons maintenant vers le marché aux épices. Nous n’arrêtons pas de tousser et d’éternuer et nous ne sommes pas les seuls ! Anel a accéléré la cadence car le jour commence à décliner et il veut nous montrer la vue depuis une terrasse au-dessus du marché. Elle surplombe un bâtiment carré gigantesque ouvert sur une cour. C’est magnifique.

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Des hommes cuisinent sur un toit en contre-bas.

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La rue est bondée, toute à son agitation.

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C’est là sur le toit que nous réglons les honoraires d’Anel. Nous avons passé deux heures et demi avec lui, son anglais est impeccable et il ne nous a pas fait acheter quoi que ce soit. Nous sommes vraiment contents de ce tour et de tout ce qu’il nous a appris sur Delhi. Nous lui donnons ce qu’il demande sans savoir vraiment s’il tire vers le haut ou non. Pour nous bien sûr, ce ne sont que 30 euros.

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Avant de nous quitter, il nous conduit dans une boutique d’épices dans laquelle nous faisons une dégustation très agréable. Une pincée de curry par-ci, une touche de poivre sucré par-là, frottez donc cette vanille entre vos doigts, goûtez-moi ce morceau de cannelle, on se croirait au paradis des papilles !

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Puis c’est le retour en cyclo-pousse, un peu comme le clou du spectacle après cette journée extraordinaire. Nous n’avons encore jamais vu autant de trafic. Il n’y a pas de trottoirs à Delhi. Piétons, cyclo-pousse, rickshaws, voitures à bras, à bestiaux ou à moteur s’entremêlent au carrefour. Nous avançons centimètre par centimètre. Il n’y a pas de feu tricolore bien sûr.

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Nous rendons hommage à tous les chauffeurs de cyclo-pousse qui pédalent toute la journée avec des chargements divers et variés. Ils portent presque tous une écharpe sur la tête. Antoine se souviendra longtemps de celui qui nous a conduit à Lal Qila, parce que selon lui il était habillé tel un frère Dalton. Namaste Delhi : bonjour Delhi, tu nous as déjà conquis.

Vous vous rappelez du moto-taxi à Puno, voici le pendant à Delhi, cette fois ci en Rickshaw.

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