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Chandigarh par Le Corbusier

Vendredi 10 février – Nous terminons la visite de Delhi par une vue sur les toits depuis notre hôtel.

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Les terrasses sont très occupées, c’est un lieu de vie privilégié.

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Samedi, nous partons en week-end à Chandigarh. Ce sera notre première expérience du train indien. Nous voyageons à côté d’une écrivain et réalisatrice de documentaires indienne qui, comme nous le découvrirons plus tard, a sa page Wikipedia ! Sagari Chhabra a adopté seule un enfant, un statut un peu original en Inde. Elle se rend à Chandigarh pour un festival littéraire dans lequel elle doit lire quelques-uns de ses textes.

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Un petit déjeuner bienvenu nous est servi (levés à 6h, nous n’avons rien au le temps d’avaler, ah si pardon un coffee sur le quai et des biscuits). Ici, coffee veut dire automatiquement sucré avec du lait et des épices. Arrivés à Chandigarh, nous trouvons un hôtel qui nous coûte deux fois le prix de Delhi pour une prestation de moins bonne qualité. Nous marchons ensuite jusqu’au restaurant Sagar Ratna.

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On se délecte d’un thali. Chaque bouchée est un enchantement, nous n’en perdons pas une miette. Ce sont des spécialités d’Inde du sud. La note est plus salée qu’a Delhi, mais on ne regrette pas.

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Marcher dans Chandigarh nous donne l’occasion d’appréhender l’urbanisme de Le Corbusier, le grand architecte suisse à l’origine de la création de Chandigarh. Après la partition de l’Inde en 1947, la province du Punjab se retrouvait sans capitale, la ville de Lahore étant désormais au Pakistan. Chandigarh fut donc construite de toutes pièces. Le Corbusier y travailla pendant près de 20 ans. Déjà âgé de 65 ans, il affirma à Chandigarh ce qu’une longue expérience lui avait appris. Il voyait aussi dans ce pays extraordinaire une chance peut-être de résister aux pressions du capitalisme.

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Ce serait une ville à échelle humaine, avec 7 types de voies de circulation et des jardins où se ressourcer. Il fit même construire le plus grand lac artificiel d’Asie, le Suhkna lake. La circulation se fait par blocs rectangulaires appelés secteurs.

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De grandes artères mènent de l’un à l’autre, des contre-allées permettent de s’enfoncer davantage dans un secteur, des accès aux habitations et des chemins piétonniers complètent ce quadrillage géométrique. Nous sommes heureux de retrouver des trottoirs et des arbres le long des routes. Le contraste avec Delhi est total.

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En revanche, le béton a mal vieilli et les bâtiments nous semblent bien austères. Mais surtout les distances sont considérables. Chaque secteur fait 1200m de long sur 800m de large.

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Nous marchons jusqu’au musée d’architecture de Chandigarh. Il fait un temps superbe et nous profitons du soleil d’hiver depuis la terrasse. Nous rentrons à l’hôtel sous les arcades commerçantes de notre secteur 22-C. Le sol est carrelé devant les boutiques, ce qui donne un aspect très propre à la ville, enfin plus propre qu’a Delhi car la poussière est toujours là.

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L’inde nous plait beaucoup plus que nous ne l’espérions, mais après une journée de klaxons et de regards appuyés, de bruits et d’anglais incompris, nous sommes épuisés et nous replions dans notre chambre comme dans une tanière.

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Dimanche matin, nous embarquons à bord d’un bus à impériale qui se propose de nous faire découvrir quelques sites intéressants à Chandigarh. Première étape, le musée gouvernemental et sa galerie d’art. Nous n’avons que 30 minutes pour apprécier ses broderies, sculptures, peintures et miniatures raffinées. Un petit bijou malgré une présentation vieillotte et ternie. Deuxième étape, très attendue par Sandrine, le Nek Chand Fantasy Rock Garden.

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Il a été réalisé par Nek Chand, ancien responsable de l’aménagement routier de Chandigarh. Impressionné par la quantité de matériaux détruits, provenant des villages avalés par Chandigarh, il récupéra et recycla des milliers de pièces abandonnées qu’il assembla en sculptures.

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Il donna naissance à des centaines de personnages et créatures. Elles occupaient illégalement un terrain vague jusqu’en 1973, date à laquelle les autorités indiennes reconnurent la valeur de son travail. Elles lui procurèrent même 50 ouvriers pour la conception du jardin.

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Le jardin de pierres porte bien son nom. C’est un véritable labyrinthe où l’eau tient également une belle place avec ses bassins et cascades. Le parcours est imposé mais recèle de nombreuses surprises.

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Nous nous attendions à tomber sur les personnages de Nek Chand à chaque pas mais au lieu de ça, nous déambulons au milieu de théâtre de fontaines,  de temples, et devons nous baisser pour passer à travers des portes étroites à l’échelle des enfants.

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Le circuit nous conduit jusqu’à une espèce de parc d’attractions avec chameau, miroirs déformant et balançoires s’envolant sous des portiques de pierres géants.

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Nous avons fait notre deuil des figurines vantées dans notre guide lorsque nous suivons le panneau de sortie.

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Sandrine est interpelée par un groupe d’adolescents qui lui demandent de poser tous ensemble puis avec chacun d’entre eux, filles et garçons. Plus tard dans l’après midi, une jeune fille confiera une rose rouge à Antoine. Nous sommes perçus comme des curiosités, regardés du coin de l’oeil et parfois photographiés discrètement à notre insu.

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Derrière la petite porte que nous prenons à tort pour la dernière, un nouvel univers surgit. Ils sont là ! Des armées d’hommes et de femmes au regard de porcelaine, des enfants de ciment, des quadrupèdes granuleux…Nous n’en finissons pas de les découvrir. Il y en a des milliers.

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Nous devons courir après le bus qui repart déjà vers le lac artificiel.

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Le soleil est radieux ce dimanche, les pédalos sont pris d’assaut.

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Le tour s’arrête là. Nous n’avons vu aucun des bâtiments officiels dessinés par Le Corbusier : La Cour Suprême, la Maison du Gouverneur, le Secrétariat et l’Assemblée. Nous demandons à un rickshaw de nous y conduire. Ils sont tous concentrés dans le secteur 1 ou Capitol Complex. Malheureusement le quartier est bouclé par la police. Nous savions qu’il fallait une autorisation pour les visiter, mais nous pensions pouvoir au moins les approcher et les apprécier de l’extérieur. Raté. Nous ne verrons pas non plus la main qu’il avait choisie comme symbole de Chandigarh. “Une main ouverte pour donner et pour recevoir”. Quelle promesse !

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On se rabat sur Le Corbusier Center établi dans l’ancien QG des architectes pendant la construction de la ville. On y apprend que Pierre Jeanneret (ci-dessus à droite de Le Corbusier), cousin de l’architecte et lui-même designer et architecte, restera 17 ans sur place pour mener à bien le projet de Le Corbusier. Ce bâtiment discret regorge de photos, lettres, dessins et objets liés à la construction de la ville mais quand même, on aurait bien voulu voir en vrai !

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Ci-dessus, la Cour Suprême. Plus d’infos à l’adresse suivante : Le Corbusier et Chandigarh

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