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Amritsar

Lundi 13 février – Un autre train nous a conduit à Amritsar, au nord-ouest du Punjab. C’est la ville sacrée des Sikhs, une minorité religieuse qui représente un peu moins de 2 % de la population indienne, essentiellement concentrée dans cet état. On les reconnaît facilement à leur turban qui dissimule leur chevelure et à leur longue barbe. Ils ne coupent jamais ni l’un ni l’autre qu’ils portent comme des symboles de sainteté.

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Quatre autres “kakkar” sont les attributs du Sikh : un peigne également caché sous le turban, un caleçon modeste, un sabre et un bracelet d’acier. Leur code moral est très strict : ni alcool, ni tabac, ni drogue. C’est par ailleurs une religion très tolérante, créée en réaction au système des castes. Elle prône l’égalité de tous les êtres. C’est à Amritsar que se trouve le “gurdwara” le plus saint (sanctuaire sikh) : le Temple d’Or.

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Un majestueux temple de marbre et d’or se dresse en effet au milieu d’un bassin d’eau sacrée, l’Amrit Sanovar (littéralement bassin de nectar). C’est ce dernier qui a donné son nom à la ville.

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Les Sikhs se purifient dans le bassin, vêtus simplement de leur “kaccha”, ce caleçon emblème de modestie. Ils y descendent par quelques marches de marbre glissante, en s’accrochant à une chaîne.

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Une allée de marbre, le Parkarama, entoure le bassin. C’est un lieu véritablement apaisant malgré la foule qui se presse sur le pont des gourous menant au temple.

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Nous avons couvert nos cheveux, retiré nos chaussures et lavé nos pieds dans le pédiluve. Il nous a aussi été demandé d’entrer sans cigarettes ni  briquet pour ne pas souiller le lieu.

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Le dôme du temple serait couvert de 750 kg d’or et représente une fleur de lotus renversée, symbole de l’idéal sikh : mener une vie pure. A l’intérieur, des prêtres psalmodient en permanence le livre saint des Sikhs. Ces chants sont retransmis par des hauts-parleurs dans l’ensemble du sanctuaire.

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Les pèlerins y défilent en silence avec leurs offrandes. Comme au Taj Mahal, le marbre a été incrusté de pierres semi-précieuses selon la technique de la pietra dura. On y découvre des fleurs, des animaux et des personnages.

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Il faut revenir à différentes heures de la journée pour bien apprécier les jeux de lumière sur le temple.

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Tout autour, des arcades accueillent les pèlerins.

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Un réfectoire gratuit, ou Guru-Ka-Langar, rappelle l’unité entre les différentes croyances, religions et nationalités. Il existe dans tous les temples sikhs et chacun y est invité à prendre un repas. Des bénévoles préparent ainsi chaque jour entre 60 000 et 80 000 thali (plateaux).

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Nous suivons les recommandations de notre Lonely Planet et tentons l’expérience.

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C’est vrai que pour une fois, on est un peu moins dévisagés.

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Nous sommes servis à la louche et à même le sol.

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Le repas est copieux et très correct.

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Nous finissons la visite par la Tour de l’Horloge qui abrite un musée retraçant la triste histoire sikhe et les nombreuses persécutions que ce peuple a subi. Lui aussi a réclamé en vain un état indépendant au moment de la partition de l’Inde.

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A la sortie du temple, nous retrouvons notre chauffeur de rickshaw, Chandi (?), qui s’est proposé la veille de nous faire visiter la ville. Encore un guide sympathique, plus honnête que celui croisé à Delhi. Nous avons en effet appris depuis notre rencontre avec Anel que le salaire indien moyen est de 4000 roupies. Nous lui avons gentiment donné la moitié pour 2 heures et demi de son temps ! Chandi lui dit que notre prix sera le sien et qu’il ne veut pas le discuter. Ce sera 1000 roupies pour une demi-journée. Il nous emmène d’abord au parc Jallianwala Bagh où plus de 1500 indiens furent tués arbitrairement par les Britanniques en 1919 lors d’une manifestation pacifique. Nous y sommes suivis par un groupe de jeunes curieux.

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Contre toute attente, Chandi nous conduit ensuite au crématorium. Des tas de bois jonchent le sol. Un homme ramasse les cendres d’un corps brûlé et d’autres cadavres se consument dans les flammes, chacun sur un plateau différent. Notre guide nous demande de nous approcher pour nous montrer les crânes que l’on distingue à travers les fagots de bois.

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Comme on est un peu troublés, il hausse gentiment les épaules en nous disant : “we will all die one day, you know”. Pour lui, ce n’est ni plus ni moins qu’un cimetière. Il faut environ 14 heures pour une crémation. Les cendres restent quelques jours avant d’être triées (les os ne se consument pas totalement) et ramassées. Encore un endroit où nous ne serions pas allés sans guide.

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Chandi nous indique ensuite l’une des plus anciennes maisons d’Amritsar. Le bois habille encore sa façade brinquebalante.

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L’intérieur est ouvert sur une cour à colonnes.

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Nous rejoignons plus tard le Temple d’Argent où les hindous vénèrent leurs nombreuses divinités.

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En effet, les portes y sont recouvertes d’argent. Il est cependant bien fade comparé au Temple d’Or. Gênés par les regards de nouveaux curieux, nous ne nous attardons pas.

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Nous avons hâte de découvrir le Mata Temple dont Chandi nous a parlé comme d’un lieu vraiment atypique. Il est réputé pour la fertilité et par conséquent très fréquenté par les femmes qui espèrent un enfant. Nous y suivons un véritable parcours : escalier, tunnel où nous rampons, petite grotte que nous traversons les pieds dans l’eau…

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Les murs sont couverts de matières brillantes et colorées, très Bollywood.

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Le dernier passage se fait dans ce qui ressemble à une bouche divine.

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Nous avons droit à la marque orange sur le front, au collier de fleurs et à une pâte sucrée qui se consomme comme une confiserie. On y goûte du bout des lèvres, mais on se réserve pour un vrai repas dans une “dhaba”, ces nombreuses gargotes qui font aussi la réputation d’Amritsar.

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Nous mangeons toujours indien avec le même plaisir. Après ce déjeuner reconstituant, Chandi nous conduit au départ des jeeps collectives pour la frontière pakistanaise. On s’y entasse à 11 touristes. Le chauffeur est écrasé sur la portière droite mais semble à peine gêné pour conduire ! Nous allons assister à la fermeture quotidienne de la frontière indo-pakistanaise à 30 km.

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La parade militaire est tout à fait loufoque et suivie de part et d’autre par les Pakistanais et les Indiens qui se huent depuis des tribunes spécialement aménagées. Les coiffes indiennes ressemblent à des éventails rouges. Les Pakistanais portent des couvre-chefs plus sombre mais du même style.

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Les touristes sont assis à côté des V.I.P. On ne sait pas trop quoi en penser. C’est vraiment burlesque malgré le contexte politique. Ce spectacle attise-t-il les tensions ou les tourne-t-il en dérision ?

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Après des cris ridicules, des jetées de bras et de jambes à toute berzingue, les drapeaux sont descendus, pliés et rangés.

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Les camions sont bloqués jusqu’à la réouverture le lendemain matin. Certains s’apprêtent à passer une nuit à la dure. Il n’est que 17h30.

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Nous retrouvons vite l’agitation d’Amritsar et son trafic.

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On préfère vous quitter sur une image plus apaisée.

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