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Les lignes de Nazca : baptême en Cessna

Après quelques hésitations, nous décidons de nous rendre à Nazca pour admirer depuis le ciel des figures tracées entre l’an 300 et l’an 900 de notre ère, des géoglyphes dus à une civilisation bien antérieure aux Incas. C’est peut-être notre seule chance de les voir, car elles sont menacées par les changements climatiques qui favorisent l’érosion du terrain sur lequel elles se trouvent.

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La route de Lima à Nazca nous déconcerte. Nous croyions naïvement que le Pérou n’était que montagnes verdoyantes et découvrons ce qu’il faut bien appeler un désert.

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Nous longeons le Pacifique jusqu’à Paracas avant de nous avancer dans la pampa.

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Entre l’océan et la Panaméricaine que nous suivons, des batteries de poulets se succèdent. Les campagnes politiques se poursuivent aussi à la peinture sur les rares murs que nous croisons. Partout au Pérou nous lirons les noms de candidats aux différentes élections en lettres capitales sur les maisons.

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Quelques arbres chétifs ont été plantés le long de la route, faible nuance de vert dans cet environnement gris.

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A l’approche de Nazca, la roche se teinte de rouge.

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Nous allons rencontrer Viktoria Nikitzki qui a travaillé avec Maria Reiche, une mathématicienne allemande qui a consacré sa vie aux lignes de Nazca. Nous la retrouvons au Maria Reiche Center.

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Elle vit là dans des conditions très sommaires et se présente à nous comme venant… du cosmos ! La lecture des lignes se fait autour d’une maquette, avec un autre couple de français (du Loroux-Bottereau chers amis de Loire-Atlantique !).

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Pour résumer, deux types de lignes ont été creusées. Des formes géométriques (trapèzes, triangles ou rectangles), ou des droites, indiquent la présence d’eau dans le sous-sol. Elles font de 4 mètres à 10 kilomètres. Les dessins d’animaux (singe, colibri…), de végétaux (l’arbre) ou de caractère humains (l’astronaute, les mains) correspondent à des constellations. Par conséquent, ils permettent de connaitre la saison dans laquelle nous nous trouvons. Précieux calendrier pour l’agriculture, les festivités et les générations futures… Les dessins font de 15 à 300 mètres.

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Nous sortons de là un peu déprimés, car la protection de ce patrimoine est loin d’être assurée. La fameuse route Panaméricaine coupe d’ailleurs allègrement en deux la figure de l’Alcatraz, le serpent-oiseau. Nous sommes pourtant prêts à survoler les lignes après cette lecture personnelle et très critique (gouvernement péruvien et UNESCO inaptes à sauver les lignes de la disparition). Mais le plus important selon Viktoria, c’est la reconnaissance que nous devons à Maria Reiche qui a en effet travaillé dans des conditions très précaires, aventurière incomprise dans ce désert. Les habitants de Nazca l’appelait « loca », la folle. Lorsqu’elle s’installe à Nazca en 1934, elle n’a ni avion ni argent pour élaborer une technique permettant d’appréhender les lignes. C’est donc en marchant pendant des heures (les géoglyphes couvrent pas moins de 350 km2) qu’elle en fait le relevé précis, en se brûlant les yeux au soleil. Elle mourra aveugle en 1998. DSCF6580-resized

L’aéroport d’où nous décollerons pour voir les lignes porte son nom. Quelqu’un a eu la bonne idée d’y établir un stand de massages pour se détendre. Il est malheureusement fermé. Mais la vision de ses fauteuils à l’extérieur, en plein désert, est tout simplement surréaliste.

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Le survol des lignes de Nazca n’est pas une mince affaire. Après 3 accidents en 2008, 2009 et 2010, la plupart des compagnies ont fermé et celles qui restent, en renforçant leurs conditions de sécurité, ont revu leur prix très à la hausse. Il nous en coûtera 110 dollars chacun. On sourit sur la photo, mais on en mène pas large. On se répète que c’est une occasion unique dans notre vie.

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Nous sommes 6 à bord de l’appareil Cessna : un pilote et son co-pilote, quatre touristes européens dont un couple allemand. Ils seront tous les deux malades pendant le vol. Nous, nous avons suivi les conseils de notre guide de voyage : pas de déjeuner avant le rodéo aérien.

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Avant même de voir les lignes, nous sommes séduits par les paysages grandioses qui nous entourent.

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Notre coeur et notre estomac semblent changer de place…

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On s’approche de la figure de l’Astronaute, réalisée sur le relief d’une montagne.

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Voici le colibri que nous survolons par la droite, puis par la gauche, pour que chacun puisse bien l’observer.

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On reconnaît la Panéméricaine, entre désert et cultures.

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Et enfin les mains… 35 minutes c’est bien assez à se faire chahuter dans les airs…

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Nazca vu d’en-haut… On est content d’avoir pu contempler ce trésor depuis le ciel, mais nous ne sommes pas prêts pour un autre rodéo aérien ! On déplore par contre le manque d’informations sur les lignes de Nazca, la plupart des tours-operators ne s’intéressant qu’aux vols au-dessus des figures. Sans notre guide de voyage, nous serions peut-être nous aussi passé à côté du travail de Maria Reiche et de ses 60 années de recherches. Merci le Guide du Routard…

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